Introduction : La diarrhée liée au cancer médullaire de la thyroïde (CMT) peut être débilitante, réduire la qualité de vie (QOL) et peut être la seule indication pour initier un traitement systémique. Les médicaments antidiarrhéiques conventionnels ne sont pas toujours utiles et peuvent avoir des effets secondaires. L’aluminosilicate de calcium antidiarrhéique (CASAD), une argile montmorrilonite de calcium naturelle, adsorbe en toute sécurité les toxines et les protéines inflammatoires associées à la diarrhée. On a émis l’hypothèse que CASAD réduirait la gravité de la diarrhée et améliorerait la qualité de vie des patients atteints de MTC.
Méthodes : Il s’agissait d’un essai pilote prospectif ( NCT01739634 ) portant sur des patients atteints de MTC ne suivant pas de traitement systémique et présentant une diarrhée autodéclarée de trois selles (BM) ou plus par jour pendant une semaine ou plus. La conception de l’étude comprenait une période de rodage d’une semaine suivie d’une semaine de CASAD ± une période de continuation facultative de deux semaines. Le critère d’évaluation principal était l’efficacité d’une semaine de traitement CASAD pour réduire le nombre de BM par jour de ≥ 20 % par rapport à la période de référence de référence. Les objectifs secondaires comprenaient la tolérabilité et la sécurité ainsi que l’impact sur la qualité de vie à l’aide du questionnaire MD Anderson Symptom Inventory-Thyroid (MDASI-THY).
Résultats : Dix patients MTC (âge médian = 52 ans, 70 % de femmes, 80 % de race blanche) ont été recrutés. Tous présentaient des métastases à distance et la calcitonine médiane était de 5 088 ng/mL (plage de 1 817 à 42 007 ng/mL). Quatre-vingt-dix pour cent avaient déjà reçu des antidiarrhéiques et 40 % d’entre eux avaient consommé deux médicaments ou plus, notamment de la teinture d’opium (30 %), du lopéramide (50 %), du diphénoxylate/atropine (20 %), du colestipol (10 %) ou de la cholestyramine. (dix%). Sur sept patients évaluables, quatre (56 %) présentaient une réduction ≥ 20 % de la masse musculaire par jour. Six patients sur sept ont arrêté leurs antidiarrhéiques antérieurs. La meilleure réponse variait entre 7 % et 99 % de réduction de la masse moyenne/jour par rapport au départ. Cinq patients sur sept ont considéré CASAD comme un succès et ont opté pour la période de continuation de deux semaines. Des améliorations de la diarrhée et des six éléments d’interférence évalués par MDASI-THY ont été notées aux semaines 1 et 3. Le score d’interférence total était significativement amélioré à trois semaines par rapport à la ligne de base (p = 0,05). Un test d’absorption orale de la lévothyroxine a été réalisé chez un patient ; aucune malabsorption de la lévothyroxine n’a été observée. Les événements indésirables comprenaient les flatulences (40 %), les ballonnements (10 %), les brûlures d’estomac (10 %) et la constipation (10 %).
Conclusions : CASAD est une stratégie prometteuse pour le traitement de la diarrhée liée au MTC. Dans cette petite étude pilote, des améliorations de la fréquence et de la qualité de la diarrhée ainsi que de la qualité de vie ont été notées. Des études supplémentaires dans cette population sont justifiées.